Un jour, une Directrice...

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Rencontre avec Élise RENOIR

Directrice Générale de l’Hôtel Les Bulles de Paris****

 

Bulles Magazine :

Merci de nous recevoir dans votre charmant oasis chère Élise.

Élise Renoir :

Tout le plaisir est pour moi Bulles Magazine, nous avons l’habitude avec mon équipe de recevoir les récits de nos hôtes mais l’évocation de notre propre histoire est un exercice nouveau et des plus singulier.

B.M :

Soyez-rassurée nos lecteurs ne manqueront pas d’apprécier la spontanéité de vos propos.

Nous vous avions demandé de choisir un lieu en particulier dans votre établissement pour cette rencontre, un lieu auquel vous tenez et qui vous évoque de fait l’aventure des Bulles de Paris.

Quel lieu avez-vous choisi et pourquoi ?

Élise Renoir :

Vous l’avez rappelé en introduction, la thématique de notre Hôtel gravite essentiellement autour du Champagne.

Cela dit il n’est pas le seul et comme chacun le sait le Champagne se marie très bien.

J’ai choisi la chambre 603 au dernier étage, un étage entièrement dédié aux Femmes, le troisième étant lui dédié à l’Amour et le premier à Paris par exemple.

Elle a ma préférence pour plusieurs raisons, la première étant sa luminosité et sa vue sur les toits de Paris et la coupole du Panthéon.

La seconde de manière plus sentimentale, du fait qu’elle fut la première chambre totalement achevée après nos travaux de rénovation, elle restera liée pour toujours à cette joie qu’apporte la concrétisation d’un projet, d’un souhait, d’un vœu cher pour lequel on donne tout son temps, toute son énergie et bien plus encore.

B.M :

Et quel joli trophée, on s’y sent bien en effet ! On ressent de l’émotion dans vos propos mais également de l’énergie, une volonté forte. D’ou vient-elle? En somme qui est Élise Renoir ?

Élise Renoir :

Vaste question ! (rires)

Je dirais avant tout que je suis la fille de mon père, admirable boulanger.

Ainée de deux enfants, j’ai été très jeune amenée à découvrir le monde du commerce de proximité, du contact avec la clientèle, et de la vente dans ses différents commerces.

Le choix de l’hôtellerie s’est fait car j’étais convaincu que ce nouveau monde pourrait m’offrir bien plus si je m’y intéressais avec sérieux, j’ai donc suivie une formation à l’Ecole Hôtelière de Glion.

Lors de mon passage dans cette belle institution j’ai eu l’occasion de découvrir lors de mes stages des établissements prestigieux, des Hôtels, des Palaces, notamment l’Hôtel du Palais à Biarritz ou j’ai pu officier au Bar de l’Hôtel.

Puis une chose m’est apparu soudainement, cette proximité avec les clients qui m’avait marqué chez mes parents, cette personnalisation du service que je recherchais ne m’apparaissait plus aussi évidente dans ces magnifiques écrins à l’époque…

Trop de cloisons, tout était compartimenté, les gens s’y croisaient seulement.

Je suis donc rentrée à Paris pour retrouver ma famille, et entre autres raisons : ma vocation.

B.M :

La remise en question est toujours salutaire, quel qu’en soit la raison.

Paris vous tend les bras, changez-vous pour autant de voie ?

J’ai cru comprendre que vous possédiez un autre établissement avant la création des Bulles****.

Élise Renoir :

Et possède toujours ! J’aurai beaucoup beaucoup de mal à m’en séparer ! (Rires)

Le Grand Hôtel Lêveque, mon « premier bébé » comme j’aime à l’appeler.

C’était un véritable coup de cœur, à la fois pour le quartier, pour les équipes, pour la clientèle fidèle et la bienveillance de Monsieur Tourneur, grand professionnel, qui m’a pris sous son aile pendant toute la transition.

Celle de mon père également qui m’a permis de me lancer dans cette incroyable aventure, soutien indéfectible à la fois financier et morale, grâce à qui mon courage d’entreprendre s’est trouvé démultiplié.

Tous les financements ayant été approuvé dès le départ sans contretemps, ma vocation a pu éclore au fil des années dans ce nid construit sur des bases saines et entretenues avec entrain et bienveillance.

B.M :

Une très belle aventure en effet !

Est-ce une rencontre qui vous a amené à l’acquisition de votre second établissement ?

Ou était-ce le choix du Quartier Latin qui s’est imposé à vous ?

Élise Renoir :

Cela aurait été bien trop simple ! (Rires)

A vrai dire si cela n’avait dépendu que de moi, je serais resté dans le 7eme.

Ne vous méprenez pas, le cœur de Paris est magnifique.

La proximité avec les Quai de Seine, la vitalité des rues du vieux Saint-Michel, les restaurants de Saint-Germain, et le petit marché de la place Maubert, le Jardin du Luxembourg…

B.M :

Oui mais…?

Élise Renoir :

Oui mais, je tiens à ma rue Cler ! (Rires)

B.M :

Pourquoi en être sorti alors ?

Qu’est ce qui vous a poussée à vous aventurer hors de l’ombre protectrice de la « Dame de Fer » ?

Élise Renoir :

La recherche d’un nouveau challenge certainement!

L’aventure GHL m’a bien réussie, durant cette période j’ai rencontré mon mari Romain et ensemble nous avons fondé une famille avec la naissance de notre petite Manon.

Et je voulais également, construire un lieu plus moderne, plus glamour, plus féminin.

B.M :

Plus dans l’air du temps, à votre image !?

Élise Renoir :

Oui, à l’image des femmes de notre époque, avec plusieurs cordes à mon arc.

Pour ça il fallait créer de toute pièce et pour ça je cherchais non pas un hôtel à acquérir mais un à réduire en morceau si je puis dire. (Rires)

B.M :

Pas évident de fonctionner au coup de cœur ainsi, j’imagine ?

Élise Renoir :

Vous imaginez très bien !

J’en ai visité de tous cotés, en long en large, impossible de trouver du premier coup.

Qui plus est le contexte étant moins favorable que lors de l’acquisition du GHL, coté financier n’était pas à négliger non plus.

Notre choix s’est arrêté finalement sur l’Hotel California dans le 5ème arrondissement, qui s’est trouvé être le parfait candidat pour l’expression de notre énergie créatrice.

B.M :

Candidat à la mise en pièces ! Quel destin enviable pour le California ! (Rires)

Élise Renoir :

Tout n’était pas à défaire non plus.

Certaines parties sont restées quasiment en l’état comme la magnifique cave voutée en pierre apparente qui nous sert désormais de Salon de Dégustation.

Il est vrai que pour tout le reste c’était table rase.

Nous avons totalement remodelé les espaces.

Je dis nous car mon père m’a rejoint une fois dans cette nouvelle aventure, et nous avions planifié bien en amont le planning des travaux, le budget et l’achat des matériaux.

Le Jour J de la fermeture pour travaux, nous étions plus que prêt et le reste tient du miracle pour certains mais nous avons tenu les délais.

Et en 6 mois les Bulles de Paris**** renaissait des cendres du California***.

B.M :

Et en Hôtellerie 4 étoiles qui plus est, un beau challenge de plus.

Élise Renoir :

Oui, le choix du Boutique Hôtel de Luxe nous a paru évident pour représenter ce coté féminin, chic et raffiné!

B.M :

Le choix du Champagne aussi ?

Élise Renoir :

Après quelques propositions de thématique peu concluantes de quelques architectes, oui ! (Rires)

B.M :

Un exemple ?

Élise Renoir :

Sachant que j’étais fille de boulanger, je vous laisse imaginer les propositions farfelues.

B.M :

Je laisse le soin à nos lecteurs d’en faire autant ! (Rires)

Élise Renoir :

De fait la thématique du Champagne ne me vient pas d’un des architectes pourtant émérite que j’ai pu rencontrer mais d’une femme merveilleuse : Sandrine Alouf, la belle rencontre de ce projet.

B.M :

Son nom ne m’est pas inconnu.

Élise Renoir :

C’est fort possible, Sandrine à créer l’atmosphère de plusieurs boutiques hôtel parisien ces dernières années.

B.M :

Atmosphère, dites-vous ?

Élise Renoir :

Oui c’est ainsi qu’elle décrit son travail, non pas architecte mais « Atmosphériste ». Le Secret de Paris en est un très bel exemple, exemple qui m’a par ailleurs convaincu de la rencontrer.

B.M :

Atmosphériste, quel mot merveilleux… Voilà qui parlera certainement à beaucoup de nos lecteurs !

Élise Renoir :

Son travail est vivifiant, un mot a suffi pour que des dizaines de déclinaisons surgissent : muselets en guise de table de chevet, luminaires en forme de flute de champagne, vasques en liège, etc…

Le tout dans une homogénéité parfaite en évitant les clichés ou pire encore.

Avec le Champagne et Sandrine, le raffinement et le féminin était respecté avec chic et sobriété.

B.M :

Et on en voit le résultat ! J’adore particulièrement les carreaux de vos salles de bain, des bulles de couleur qui s’envolent sur les murs, l’effet est très pétillant !

Élise Renoir :

Merci !

La boisson en elle-même est déjà très évocatrice : le Champagne !

Et forcément les Bulles par extension !

Bien entendu à consommer avec modération.

B.M :

J’ai vu que certains de vos coussins de décoration portait cette recommandation de santé publique.

Pourquoi de cette manière là, en évidence sur le lit, vous y a t-on contraint ?

La législation n’a t-elle pas été un frein en la matière ?

Élise Renoir :

La législation en matière de boissons alcoolisés est très encadrée, et le Champagne n’en reste pas moins concerné.

Imaginé alors un Hôtel en faisant l’éloge… Elle se devait d’apparaître, de manière visible et même la taille des caractères avait son importance.

Malgré ce frein nous avons persévérés sur ce concept unique au monde Le Champagne et la Champagne reste néanmoins lié au patrimoine culturel français, l’Unesco ne nous contredira pas sur ce point

Plutôt que de s’en émouvoir nous avons appliqué la loi et nous sommes servis de ces nouveaux supports pour un brin de poésie au dos.

Des citations différentes à découvrir dans nos 44 chambres et Suites mais également dans nos lieux de vies communs.

B.M :

De la poésie pour prolonger le bien-être, une belle attention de votre part.

En parlant de détente j’ai cru apercevoir sur votre site internet des propositions de soins dans vos locaux, cela a t-il été pensé dès la conception ou par la force des choses la mode parisienne y aidant?

Élise Renoir :

A vrai dire le concept par des Bulles nous a amenés à l’idée du Spa, mais nous souhaitions un espace privatisable pour proposer un vrai moment privilégié à nos clients.

Nous l’avons équipé d’une cabine de Sauna et d’un Hammam, et point d’orgue à ce lieu de détente un jacuzzi devait y prendre place….

Coup dur cependant, l’architecture de l’escalier descendant ne nous a pas permis d’envisager l’installation.

En lieu et place nous avons créée salon de massage cosy pouvant accueillir aussi bien une personne que deux amis ou un couple pour nos prestations en duo.

Pour un autre clin d‘œil au monde viticole il aurait été de bon ton de proposer des produits Caudalie à base d’essence de vin, mais ma préférence a été pour Payot, pour la femme que fut Nadia Payot et ses produits de renommée internationale.

B.M :

Prendre soin de ses pairs par le soin et la santé, qualité honorable.

Une femme talentueuse et médecin émérite. Un véritable trésor national.

Comme peuvent en posséder les plus belles caves !

Avez-vous trouvé le votre de trésor, ici aux Bulles ?

Élise Renoir :

Un trésor ? (Réflexion)

Sûrement pas matériel, mais peut être en ma personne.

Ce nouveau challenge est à la hauteur du défi que je m’étais lancée.

Il reste beaucoup à faire évidemment, l’instabilité du tourisme dû au sentiment d’insécurité aura touché beaucoup d’hôtelier mais cette période est presque derrière nous désormais.

Les bonnes nouvelles n’arrivant jamais seule, mon fils Paul s’est invité à la partie et avec lui beaucoup d’émotions, d’énergie positive et un dynamisme vitaminée caractérisé par ma jeune équipe des Bulles de Paris**** superbement solidaire et entièrement dédiée au bien-être de chacun de nos clients.

Voilà mon trésor : La perception d’un futur dynamique et chaleureux.

B.M :

C’est le moins que nous puissions vous souhaiter !

Félicitations pour vos deux nouveaux bébés donc. (Rires)

Élise Renoir :

Merci à vous pour votre temps !

B.M :

Je vous en prie !

Merci à vous de nous avoir reçu, nous reviendrons vous rendre visite pour vos « Soirées Sommellerie », nous avons vu quelques cuvées intéressantes sur votre carte qui taquinent nos papilles.

Une dernière question pour la route :

Y a t’il quelqu’un avec qui boire la lumière dans la Ville Lumière ?

Élise Renoir :

Vous êtes très observateur ! (Rires)

Vous faites référence à la citation d’Amélie Nothomb tirée de Pétronille.

Nous avons d’ailleurs une chambre qui lui est spécialement dédiée.

Je dirais : mon mari, mes enfants, mes amis, ma famille, au moins à deux pour le partage de ce beau nectar.

Tant qu’on se sent bien !

N’est-ce pas ?

Ainsi s’achève notre première interview, instructive et pleine de vie ;avec une invitation rafraîchissante à la délectation.

Nous vous donnons rendez-vous le mois prochain, pour une nouvelle rencontre aux Bulles de Paris****.

Bulles Magazine